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Histoire de Corroy-le-Château

Bref historique

Carte de Ferraris de 1777,
Carte de Ferraris de 1777, SPW

Des fouilles non loin de la chaussée romaine, proche du village, ont mis à jour des monnaies des premier et second siècles.Corroy, terre frontière, dépendait directement des ducs de Brabant. Il devint seigneurie hautaine, sans doute au XIIIe s. Au XIVe s., il échut aux Nassau, qui le perdirent peu de temps puis le rachetèrent, pour le conserver au-delà de l’Ancien Régime. En 1803, il passa par mariage au marquis de Trazegnies et d’Ittre dont un descendant occupe toujours les lieux.

Les pires moments que connut Corroy sont ceux que lui infligea Maarten van Rossum, chef de guerre à la solde du duc de Gueldre, qui s’attaqua au Brabant comme un chef de bande plutôt qu’un chef de guerre, brûlant et dévastant aveuglément. Ainsi, en 1542, il prit le château de Corroy et y massacra les 101 hommes qui s’y étaient réfugiés en l’absence de leur seigneur. Or, le recensement de 1496 comptait 40 maisons dans le village. On peut donc estimer que van Rossum a exterminé la totalité de la population masculine du village.Au XVIIe s., Corroy subit les invasions françaises, à l’instar des villages environnants.Parmi les bâtiments remarquables, citons l’église, inscrite au patrimoine classé de Wallonie et récemment restaurée, et le château, classé au Patrimoine majeur de Wallonie. Avant 1200, les seigneurs d’Orbais y firent construire un donjon qui faisait face au chateau namurois de Golzinnes. Puis, au XIIIe s., les Vianden firent ériger un château fort semblable par le plan au Louvre de Philippe Auguste, leur parent. C’est aujourd’hui une des forteresses de plaine les mieux conservées du nord de l’Europe. En 2010, le château a été donné à l’ Association royale des Demeures historiques et des Jardins de Belgique. Le marquis de Trazegnies en a gardé le droit d’habitation et l’obligation d’entretien (1).

La légende & l’histoire

L’histoire régionale se souvient du passage au XIIème Siècle de Norbert de Xanten, fondateur des prémontrés, accompagné de Hugues de Fosses, son fidèle disciple. Il y aurait accompli un miracle. Mais, indéniablement, on doit à Saint Norbert des textes précis sur la région.

La plus ancienne mention de Corroy-le-Château connue se trouve donc dans la Vitu Norberti rédigée par un témoin oculaire vers 1160 (2). Le texte parle d’un événement survenu en 1119 : « Et procedens inde [Gembloux] venit ad proximam villam que vocatur Koriletum, et quia fama de eo iam undique percrebuerat, populus de eadem vicina ad eum confluebat. Cumque post celebrationem misse, … »(3).

Le Mariage - Photo Daniel Meunier
Le Mariage – Photo Daniel Meunier

Chaque année, le vendredi soir de la fête médiévale du mois de mai, les habitants de Corroy-le-Château jouent et revivent symboliquement depuis plusieurs années les légendes du village sous forme de procession théâtrale initiée par Jeanine Ipersiel. Les tableaux généralement joués sont :

Cortège des légendes – Les habitants costumés – Photo Daniel Meunier
  • 1119, la libération du village par Saint Norbert
  • 1288, Godefroid Ier accorde les privilèges aux habitants en les libérant du cens et des corvées.
  • Le mariage de Henri II Conte de Vianden et Seigneur de Corroy et  de Marie de Namur (soeur de la célèbre Blanche de Namur)

C’est en référence à cette histoire villageoise que le blason de l’asbl Les Faisans a repris la date symbolique de 1119.

Situation actuelle

Nombre d’habitants : 1294
Superficie : 894 ha
Origine du nom: 1127 : Colroith, du latin coryletum (bois de coudriers ou de noisetiers)
Habitants : Les Faisans

À Voir

Le Château de Corroy

Château de Corroy – Photo: Les Amis du Château de Corroy

Le château de Corroy-Le-Château constitue un des plus beaux exemples d’architecture princière médiévale en Wallonie! Construit vers 1270, et bâti sur le plan français, il est flanqué de quatre tours d’angle reliées par un savant réseau de courtines et d’escaliers. La chapelle Notre-Dame, abritée dans la tour Est, est l’un des oratoires privés les plus anciens de nos régions.
Le château féodal de Corroy-Le-Château est une ancienne forteresse de plaine, une des mieux conservées du Nord de l’Europe, du duché de Brabant, construite dans la 1ère moitié du XIIIe siècle. Son plan s’inspire du Louvre de Philippe-Auguste. Elle s’érigeait à la frontière du duché de Brabant et du comté de Namur. Ce châteu appartint à plusieurs familles successives et depuis le début du XIXe siècle aux marquis de Trazegnies. Il est entouré de douves plus ou moins asséchées qu’enjambe un pont en brique et pierre bleue qui date de 1718. Le château dessine un pentagone irrégulier autour d’une cour pavée Au numéro 10 de la rue du presbytère, on retrouve la discrète statue de Saint Norbert gravé au-dessus  du fronton de la porte d’entrée.(4)

Le château se visite tous les dimanches et jours fériés du 1er mai au 30 septembre, mais aussi tous les samedis de juillet et d’août durant la même période.  De 10 à 12 h et de 14 à 18h (http://www.corroy-le-chateau.com/)

L’église Saint-Lambert

L’église Saint-Lambert date du XIIIème siècle

L’église Saint-Lambert, qui dépendait de l’abbaye de Floreffe, est un ensemble de style roman qu’on peut faire remonter au début du 13e siècle, mais dont l’achèvement date du 18e siècle.
Une tourelle latérale permet de gagner l’ancien clocher. L’intérieur, très sobre, a été réaménagé en 1962-63 et orné d’un vitrail dû au peintre L.M. Londot. Il contient quelques belles statues de bois, dont un impressionnant Christ du 17e siècle et l’effigie de Notre-Dame de Corroy nettement plus tardive.
Dans le chœur se trouve la dalle funéraire (vestige d’un monument détruit durant la Révolution française) d’Alexis de Nassau, seigneur de Corroy (v. 1506-1550) et de son épouse Wilhelmine de Bronckhorst-Batemburg (4).

Plus discret au fil des rues du village

Au numéro 10 de la rue du presbytère, on retrouve la discrète statue de Saint Norbert gravé au-dessus  du fronton de la porte d’entrée.

Rue de la Maison d’Orbais, intégrée à des bâtiments plus modernes, une jolie maison du 18e siècle, avec un double corps de deux niveaux sur caves, rythmé par cinq travées de fenêtres bombées à clé, reliées par des cordons à hauteur des seuils. Ce fut probablement une résidence de chasse du comte de Corroy à cette époque, durant les travaux de rénovation du château.(4)

La ferme du Marais, rue des Marronniers, est un très bel ensemble chaulé, principalement du 17e s., jadis bordé par l’étang qui alimentait les douves du château. C’est un quadrilatère compact en briques avec cinq portes en pierre bleue et en plein cintre sur piédroits chaînés. Le corps de logis est de la deuxième moitié du 17e siècle et les fondations de la vaste grange remontent à 1600. La ferme du château fut anciennement la brasserie seigneuriale.(4)

Bel ensemble de pierre et de brique de la seconde moitié du 17e siècle. Entre les deux fermes, la digue médiévale en pierres servait à barrer le ruisseau de Corroy pour former le premier des étangs qui protégeaient le château. Dans le hameau de Chênemont, défigurée par des constructions modernes, la ferme du même nom (17e et 18e siècles) domine la campagne environnante. Son corps de logis date de 1618. Au-dessus de l’entrée de la cour intérieure, pierre aux armes de René de Nassau-Corroy, seigneur de Chênemont, et de son épouse Catherine de Namur d’Elzée (fin 16e siècle). (4)

(1) Source: Cercle Royal d’Art et d’histoire http://crahg.be/corroy-le-chateau.html
(2) Source: CORTEMBOS, Thérèse., Corroy-le-Château. Organisation d’une forteresse du XIIIe siècle, BULLETIN DE LA COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS ET DES SITES, T.2 1972
(3) Source: Vita Norberti, éd. R. WILMANS, dans MGH.SS., t. XII, p. 677, col. 8
(4) Source: http://www.gembloux.be/loisirs/tourisme/gembloux-villages/corroy-le-chateau-1

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